Progresser en descente muni

Je viens de regarder la vidéo à nouveau, et il y a quelque chose qui me dérange fortement dans ta posture et ta technique. Je pense que c’est (encore une fois) dû à ton guidon, mais voici ce que j’ai remarqué : j’ai l’impression que tu ne te sers pas vraiment du guidon. Au lieu de l’utiliser pour rectifier ta direction et maintenir le mono en place, tu laisses tes mains et tes bras se faire balader par le mono. Du coup, tu perds énormément en stabilité.
Et ça me fait penser au fait que je n’ai jamais vu ce conseil donné nulle part, alors qu’il me semble faire sens : en DH, ce sont les mains qui guident le mono ! Le reste du corps se contente de suivre et d’encaisser le mouvement.

En essayant de trouver une vidéo d’exemple de ce que je dis, je suis tombé sur celle-ci :

On voit que Ryan garde son bras droit quasiment toujours fixe par rapport à son mono. C’est ce bras qui donne la direction, et pas l’inverse ! Je trouve que ça s’observe très bien sur le passage aux alentours de 1:31. Il arrive pleine balle sur un enchaînement de gaps, mais son bras ne bouge pas : c’est lui qui dirige et qui retient !

Hésite pas à me dire si ce n’est pas clair :wink:

D’ailleurs, tant qu’on est sur la position : tu peux jouer sur l’inclinaison de la selle pour qu’elle soit plus ou moins agréable en descente. Pour ma part, j’utilise une KH Fusion One basculée au maximum (avant en haut, arrière en bas). Je trouve que cette position me permet d’être très efficace dans les portions descendantes, même si je perds probablement un peu sur le plat et la montée (mais bon, le cross, c’est pas ma spécialité :1st_place_medal: :smirking_face:).

Étonnant qu’il ne change pas de bras d’ailleurs, il doit finir par avoir de ces crampes à l’avant-bras, (façon Popeye mais que d’un côté, ou façon vieux crabe complètement asymétrique), et il pourrait même finir par avoir très mal au dos à force de crisper ainsi son bras ! :nerd_face: Sinon je suis parfaitement d’accord avec tes explications (vu que c’est ce que je fais en roulant, même hors cross, par contre je me suis habitué à changer de main, pour les raisons sus évoquées). :sweat_smile:

C’est effectivement un problème. Cela dit ce non-changement de bras s’explique très facilement : pour rouler à une telle vitesse dans ces pentes, il faut avoir une excellente maîtrise du frein. Cette maîtrise est déjà assez compliquée à développer d’une main, alors la posséder des deux… C’est beaucoup en demander :sweat_smile:
Maintenant, pour justement me permettre de relâcher la main et le bras droit, j’essaie d’entraîner régulièrement ma main gauche à freiner. Mais c’est très, très compliqué de développer le bon doigté avec la main secondaire, et je me retrouve généralement à guider ma main secondaire avec ma main primaire (les doigts de la main droite viennent se poser sur ceux de la gauche, eux-mêmes sur le frein). J’espère qu’un jour j’arriverai à avoir le bon ressenti avec ma main secondaire pour me permettre de pouvoir enchaîner de plus longues descentes sans finir avec des crampes :crossed_fingers:

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Alors pour le coup j’ai la sensation inverse. Je guide mon mono avec le guidon, les mouvements viennent de mon bras et me servent à rectifier la trajectoire.

Mais je pense que le mieux c’est que j’y retourne en pensant à tout ça, et que j’essaie d’analyser un peu mieux ce que je fais. Et idéalement avec des protecs…

Concernant ma pratique:

-protections obligatoires en descente. Je ne fais jamais de descentes sans genouillères, coudières, casque et gants.

( j’ai une dorsale et un short avec protection du coccyx quand ça engage trop sur rochers à sauter ou des passages raides avec des rochers qui affleurent un peu partout)

-le freinage, c’est, je pense, un équilibre entre les jambes et le frein. Le frein seul ne suffit pas. Il n’y a que sur des pentes tranquilles au niveau du degré que je lâche le frein ou sur des passages raides courts de qq mètres.

-je trouve très important, dès qu’il y a des difficultés, de ne pas être assis sur la selle mais de laisser un petit espace, comme je le disais, pour que les jambes prennent le rôle d’amortisseurs. Ça permet d’éviter bcp de chutes (blocage de la roue).

-une des grosses difficultés est d’apprendre à gérer la glissade quand la pente est trop raide. C’est intéressant de le travailler dans les bois quand le sol permet de chuter sans crainte de tomber sur des cailloux que ce soit vers l’avant ou vers l’arrière. Je ne joue pas à ça quand il y a des rochers qui affleurent. Quand c’est des cailloux style pierrier, il vaut mieux rouler, ça passe mieux.

-pour ma part, même en marchant, je tombe facilement en descente lorsque je ne me laisse pas amener par la pente. Je préfère courir. La difficulté est de ne pas perdre le contrôle. En mono, c’est la même chose, la vitesse aide. Si on veut progresser, il est nécessaire d’essayer des zones qui nous paraissent infranchissables parce que trop pentues. Gestion entre prudence et engagement… :upside_down_face:

-le guidon court KH est vraiment bien. Freinage index-majeur, très bonne tenue du guidon avec le pouce- annulaire/ auriculaire. Et c’est vraiment bien pour les sauts

-je change de main lorsque le sentier permet de rouler sans trop de difficultés pour reposer la main droite. Dès que ça engage un peu, je reprends avec la droite.

-pour les sauts, s’ils sont pas trop hauts, je roule, tire sur le guidon pour mettre les pieds au même niveau. Si j’ai de l’appréhension par rapport à la hauteur, je m’arrête et je saute façon trial sur rocher ( mais, ça m’arrive souvent de dire “stop”, trop engagé…surtout en roulant seul). Ça ne me posait pas trop de problème en 24 mais je commence à bien y arriver en 27,5 et en 29.

-après qq mois d’essais avec des manivelles 125 sur le 29, j’ai acheté des 145 pour la DH comme sur le 27,5. Je ne vois pas grande différence en zone montagne au niveau de la vitesse. En revanche, je suis mieux pour maîtriser mon mono quand ça engage. Si j’ai l’occasion un jour, j’essaierai des 137. Sur des descentes roulantes, les 125 étaient sympas.

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Dans ce cas, cette impression que j’ai eu provient bel et bien de ton guidon. Trop long, trop large, tu ne peux pas le « bloquer » correctement.
Va falloir investir dans un cadre basique avec un t-bar KH plutôt que d’acheter des cadres hors de prix à Jakob :grin:

Ben justement, je peux le bloquer, c’est volontaire de le faire bouger…

Ou un triangle avant plus court…

J’ai l’impression que je n’arrive pas à faire passer mon ressenti correctement, sans doute parce que je n’arrive pas à expliquer exactement ce qui me dérange :sweat_smile:
Ce dont je suis sûr, c’est que ton guidon est trop long pour te permettre d’être précis dans tes mouvements. Je ne saurais pas expliquer quel mécanisme biomécanique contraint cette précision, mais c’est quelque chose que j’ai observé à de multiples reprises : plus la main qui guide est proche du corps, mieux on peut diriger et freiner. C’est pour cette raison que les meilleurs descendeurs ont des guidons ultra-courts et retirent souvent la poignée de leur selle pour pouvoir raccourcir encore plus.
Pour ma part, j’ai retiré la poignée, et raccourci mon t-bar tant en longueur qu’en largeur (seulement à droite). Ça me donne une excellente prise sur le mono qui me permet de l’emmener là où je veux.

Sans vouloir te manquer de respect, je pense qu’avant de penser à un cadre sur-mesure sans possibilité de réglage, il faut que tu t’améliores et que tu testes diverses positions avec un set-up plus classique. Ça te permettrait de voir ce qui fonctionne mieux, sans passer des milliers d’euros dans un produit qui ne répondra pas complètement à tes besoins :slight_smile:
(C’est une réflexion que je me suis faite à moi-même il y a peu, alors que j’envisageais un nouveau cadre de 36" : il faut que je commence par finir d’améliorer ma position avant de faire fabriquer un nouveau cadre. Sinon, il finira par être désuet beaucoup trop vite !)

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C’est vrai. Ce que je voulais dire, c’est que je ne suis pas obligé de prendre un KH ou équivalent, juste retirer le triangle avant et mettre un T-bar ou un triangle plus court suffirait.
Mais il est indéniable que le plus gros problème n’est pas le mono.

Par contre, un truc dont je suis persuadé, c’est que je garde du contrôle sur le mono en grande partie grâce aux pédales auto.

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:100:
Cela étant dit, pour en avoir discuté avec des gens pas trop mauvais lors des Unicon à Grenoble (genre Timo), ils changent la position de leurs pieds lors des gros sauts pour mieux encaisser les réceptions. C’est un truc que l’on ne peut pas faire en pédales auto. J’ai l’impression que la seule solution pour nous dans ce cas, c’est de faire du renforcement musculaire pour muscler ce qui pourrait lâcher en cas de gros impact (coucou les chevilles).

Coucou les tendons d’Achille aussi (et je ne dis pas ça parce que j’en ai un qui tire souvent…)

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Je ne saurais moi non plus expliquer ce qui contraint cette précision, mais je pense néanmoins détenir un semblant d’explication à ton ressenti :

Je n’ai pas de guidon sur tous mes monocycles, et je n’en ai pas notamment sur le 29 avec lequel je roule principalement ces derniers temps.

Résumé

(D’aucuns disent « Qui peut le plus peut le moins ! », moi, j’aurais tendance à dire le contraire, une tendance marquée au minimalisme, ou alors je suis une pince, ou alors les deux :rofl:)

Bon, clairement, ça manque dans les virages, mais en revanche, vu que je roule en tenant la poignée,

Résumé

(avec une main principalement, ou l’autre, parfois les deux.)

à savoir on ne peut plus près du corps, le bras qui verrouille la trajectoire se retrouve collé le long du corps, plaqué contre le flanc, de l’épaule jusqu’au coude, l’avant-bras plaqué sur l’abdomen, de sorte que le gainage du poignet et le serrage de la main permettent de maintenir fermement la position de la roue, de la verrouiller en quelque sorte au plus près du corps (et de son centre de gravité), mais tout en permettant néanmoins de la corriger, car l’emprise de la main, du poignet, de l’avant-bras et du bras (du biceps) peut être le cas échéant légèrement relâchée, permettant d’apporter des micros corrections et contribuant à amortir les chocs (comme avec les jambes une fois les fesses décollées de la selle), et donc de diriger précisément le monocycle même lorsqu’on est secoué dans tous les sens.

Je ne sais pas si c’est clair, si ça traduit ton ressenti, tu nous diras ce que tu en penses…

Je n’avais pas réagi sur le moment, mais j’avais failli dire que je n’avais jamais eu de problème avec. Il se trouve que le jour même, il m’avait tapé dans la malléole. Devinez qui a mal dans la région entre le tendon d’achille et la malléole…

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