Mono or not mono

Après le coin des passants et le monostrot des bavards, voilà le coin philo, une pépinière où exprimer et semer librement toutes nos pensées, même les plus folles, nos observations, nos réflexions et nos convictions, les partager et les approfondir, témoigner de notre propre parcours, de ce que représente pour nous le monocycle, de comment il est entré dans notre vie et comment il l’a transformée… un coin pour apprendre à mieux se connaître, se comprendre et s’apprécier. Qui se lance ? :slight_smile:

Ne me tente pas!: je suis un incorrigible bavard (et , pire, bavard à l’écrit).
Mais j’ai un travers: mes dissertations philosophiques je ne les exprime pas en tant que telles… je passe par des histoires, des fictions que j’espère amusantes et dans lesquelles mes réflexions sont cachées entre les lignes. Donc même si je suis un fana de monocycle.info je ne vais pas utiliser ce medium pour étaler mes élucubrations (je n’ose pas dire « conviction » car le terme serait très inexact en ce qui me concerne: j’ai trop conscience de la relativité des choses).
vade retro satanas!

2 « J'aime »

Je ​comprends et je suis d’accord avec toi, peut-être n’est-ce pas une bonne idée, peut-être n’est-ce pas le lieu, même si c’est tentant, dommage :confused: Remets-toi bien de ta chute dans l’escalier et prends soin de toi. Le bonjour de Zéphirin (je l’aime toujours autant) Merci Bernard !

1 « J'aime »

Un coin philosophie au sujet du monocycle ? En fait ce qui me vient à l’esprit n’est pas lié à la philo, mais au tarot : vous savez, un jeu Descartes pour lire l’avenir.

Si vous regardez l’arcane X du tarot de Marseille, vous remarquerez des personnages du temps jadis très interrogateurs Kant -pardon, quant à la façon de se servir d’un tel engin. Si j’ai bien compris, cette carte a pour sens que la vie nous réserve des hauts et des bas à la façon d’une roue qui tourne.

Il n’y a pas débat : en mono, on est parfois par terre, parfois en l’air. La proportion variant avec l’individu.

A part ça, hier sur mon 20’ à gros boudin je me suis fait la réflexion qu’il était aussi stable qu’un tabouret. Bon, plutôt un tabouret à trois pieds comme l’instable table du bateleur, l’arcane 1 dont le sens pourrait être que rien n’est jamais acquis.

Sinon, la semaine passée au bord d’un canal un véhicule des voies navigables m’a doublé « de force » à un endroit étroit alors que je lui laissais toute la place. Par le passé, j’aurais écrit au ministre.
Là, j’ai pensé que le type devait être malade pour conduire aussi mal et j’ai choisi d’oublier l’incident : ce fonctionnaire chauffard m’a donné la chance de savoir que même déstabilisé par un rétro de Duster administratif qui m’a attaqué par derrière, j’ai maintenu mon équilibre. Je ne l’aurais pas espéré.

Le mono, ça rend philosophe !

4 « J'aime »

MERCI @miky !! Il n’y a pas photo !.. Tiens, en parlant de photo, tu pourrais peut être en ajouter une de l’arcane X du tarot de Marseille ?.. Ça m’intrigue :wink:

Arcane-N-1-Le-Bateleur
arcane

Re-bonjour; en réponse à Nico 33 voici l’arcane 10 du tarot où on voit distinctement la perplexité des personnages devant un monocycle disposé à l’envers. L’arcane 1 montre la table à trois pieds que j’évoquais.
Bonnes ballades !

2 « J'aime »

La rétribution, … tu m’en diras tant ! :yum: Merci @miky… sur le même sujet, mais dans un autre registre, j’ai moi-aussi fait une observation intéressante, une analogie avec une philosophie ancestrale… Je n’ai pas le trop le temps, mais je ne tarderai pas à vous en parler ici… :blush: :wink:

La pratique ancestrale à laquelle je faisais référence, c’est l’e zazen, littéralement « méditation assise », un exercice spirituel très simple qui consiste à s’asseoir, mais qui selon moi, présente d’étranges similitudes avec la pratique du monocycle, à commencer par la posture… mais c’est peut-être une coïncidence.

Je m’explique :

Comme la pratique du monocycle, celle du zazen nécessite un apprentissage et si l’on recule devant la difficulté, il est alors difficile, voire impossible de progresser, bon, c’est également le cas de nombreuses disciplines. Comme dans la pratique du monocycle, il n’y a pas de stade final, on progresse toujours ! Comme dans le monocycle et à la différence de la plupart des autres créations artistiques qui sont le fruit d’une projection de nous-même dont on peut être satisfait ou insatisfait, le zazen est complet en lui-même : il n’est pas une excroissance de soi-même, mais un oubli de soi dans l’adéquation à l’ordre naturel de l’univers.

  1. S’asseoir est naturel :

Comme il est naturel de bouger, de rire, d’aimer, il l’est tout aussi de s’asseoir. Tranquilliser notre corps et notre esprit, approfondir notre respiration correspond à une partie de nous-même pour laquelle il est nécessaire de s’asseoir. Comme celle du monocycle, la pratique du zazen commence en donnant la possibilité à cette part de nous-mêmes de se réaliser ; nous découvrons ainsi une nouvelle dimension de notre vie, comme si une porte s’ouvrait sur un espace vivifiant, un espace frais et calme, plein de vitalité. Une fois que cet espace est solidement ancré en nous, on est comme le tigre qui retourne dans la forêt profonde ! C’est fondamental pour notre vie !

Le corps droit, l’esprit en paix, on adopte la posture avec les jambes relevées (croisées) et le dos droit. C’est la position la plus adéquate pour rester immobile, tranquille, pour pouvoir respirer librement et éviter la dispersion.

Comme le monocycle, le zazen est sans objet, c’est-à-dire que l’on ne concentre pas son esprit sur quelque chose de particulier, on ne réfléchit pas non plus, on ne cherche pas à voir ses pensées ni à les arrêter, ni à atteindre un état spécifique de la conscience.

On est juste assis, le corps faisant de son mieux pour conserver une posture correcte ; c’est très simple, mais également très profond et ça nous ouvre des dimensions plus vastes de notre vie.

En Inde, à l’époque du Bouddha, il y avait des freestylers :wink:, des personnes qui adoptaient des postures bizarres : en se tenant sur une seule jambe, en gardant un bras en l’air ou en se mettant une jambe derrière la tête. Aujourd’hui encore, on peut voir des Sâdhus indiens faire de même. Au début du christianisme, au Moyen-Orient, en Occident, les ascètes adopaient également des postures spéciales. Des moines du désert marchaient à quatre pattes, les stylites s’installaient en haut de colonnes, et des moines Irlandais se jetaient dans l’eau glacée avec les bras en croix.

Au VIᵉ siècle av. JC, Siddhārtha Gautama, dit « Shakyamuni » ou « le Bouddha » a pourtant rejeté toutes ces formes étranges parce que, disait-il :

« Elles ne remettent l’homme ni dans la paix, ni à l’aise ».

Aussi a-t-il enseigné de s’asseoir dans la posture droite, les jambes relevées / croisées. Et il explique pourquoi :

" C’est parce que quand vous maintenez votre corps droit, votre cœur, votre esprit s’ajustent aisément. Si votre corps se maintient tout droit dans la posture assise, aussitôt votre cœur n’est plus indolent."

Le mot cœur englobe ici l’esprit. Dans le cœur à l’intention juste, la pensée est suspendu et demeure au présent.

Si notre cœur se disperse (quand on part dans ses pensées), ou si notre corps bouge et s’incline, on le remet alors en place en nous concentrant. La concentration du zazen recueille alors les pensées parasites et elle nous aide à retrouver calme et sérénité.

  1. Nous sommes fondamentalement libres :

C’est nous-même qui sécrétons nos entraves par nos attachements aux objets et nos milliers d’opinions sur toutes choses.

  1. Continuer la pratique du monocycle !

Même quand la tempête se lève, notre assise reste immobile, parfaite, notre roue est ronde, en paix, large, parfaite, sans la moindre notion de demeurer ou de rompre…

C’est intéressant tout ça mais j’avoue que la comparaison avec le monocycle me parait assez périlleuse. (Je ne connais pas ces pratiques, j’en suis resté au Siddhartha de H. Hesse.)

Tu écris que « Comme le monocycle, le zazen est sans objet etc. »

je saisirai ta comparaison avec la marche, avec le parcours, avec la course à pied, avec le cloche-pied ou que sais-je. Mais avec le monocycle, je suis dubitatif puisque le monocycle est un objet et ce au sens phénoménologique.

(En outre le « nous sommes fondamentalement libre » demanderait à être étayé, mais c’est un autre débat.)

:slight_smile:

1 « J'aime »

Je ne parle pas d’objet au sens littéral, matériel, ou phénoménologique, mais de but, de fin. Je roule léger, sans but, et même lorsque c’est pour me déplacer ; mes trajets s’apparentent à de la déambulation, une forme d’évasion, je papillonne, et même si à un moment, j’arrive à la fin du parcours, entre le début et l’arrivée, je suis évadé, un certain nombre de choses étéaient suspendues, et en particulier mes pensées :wink:

OUI ! :grinning: Je t’en prie, ne t’en prive pas !..

Pour ma part, certaines pensées me font tomber, certains regards également, et même lorsque je ne les vois pas arriver !? Ils me surprennent en quelques sortes, m’affectent et me déséquilibrent !?.. C’est étrange ! C’est la manière dont je perçois ce qui m’environne, les sentiments qui animent autrui affectent mon état, mon équilibre et mes capacités ! Alors, pour me protéger, à défaut d’être furtif, je me contente de fureter, fugace, je me détache et j’ai le sentiment de retrouver un peu de liberté ! … :wink:

Et toi ?..

1 « J'aime »

CitationJe ne parle pas d’objet au sens littéral, matériel, ou phénoménologique, mais de but, de fin.*

OK :upside_down_face:

Mais dans ce cas, est-ce que pour toi il y a quelque chose de spécifique dans le monocycle qui explique cette connexion avec ce que tu décris ou est-ce que ça ne pourrait pas s’appliquer à n’importe quelle activité que l’on « spiritualiserait » ?

1 « J'aime »

Tu as raison, bien vu, dans mon cas, le monocycle est un objet de catharsis !!! :grinning::+1:
Un moment, j’ai relativisé et je me suis dit que ça passerait, mais ça n’est pas le cas. Il n’est que le médium et c’est néanmoins un support exceptionnel :grin:…C’est difficile à expliquer, ce qui dans le monocycle explique cette connexion avec ce que je décris : c’est relativement indicible, c’est comme de la poésie, je me sens suspendu à rien, fragile et fort à la fois, vulnérable et invincible, je me sens mieux, plus calme, plus ouvert, plus gai, plus éveillé, plus en forme, plus jeune, plus vif, plus insolent, plus puissant, plus libre, plus vivant !!!